Le crépuscule d’ALEP
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Le crépuscule d’ALEP

Depuis le VIe millénaire av. J.-C je chéris mes habitants et accueille les voyageurs de passage.
Mon cœur, chaque jour vibrait lorsqu’il entendait les enfants jouer et rire.
Je respirais au quotidien l’air chargé d’épices et des plats mijotés par les mères. Mes mets étaient variés et influencés par les cuisines persanes, européennes, asiatiques et ottomanes.
J’aimais sentir vivre en mes artères la vie des souks bondés de vie, d’échanges et d’espoir.
D'ailleurs, mon centre-ville a été classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1986.
J’ai vu passé de nombreuses épopées humaines parfois douloureuses. Je m’en suis toujours remise. L’être humain, cet enfant terrible, vivait en bonne intelligence qu’il soit sunnite, arabe, chrétien, juif, kurde, alaouite, druze et ismaélien.
Mais voilà tout cet enraillé depuis 2011.
Aujourd’hui, mon cœur ne bat plus.
J’entends hurler de souffrances les enfants.
L’air sent la mort et la poudre.
Mes artères sont obstruées par les cadavres des civils innocents, les gravats, les mortiers et la mitraille.
Les voyageurs ne viennent plus m’admirer. Ils viennent pour tuer mes habitants au nom de l’État Islamique au Levant. Ce pseudo état a détruit mes joyaux. Mon souk n’est plus que ruines, tout comme ma citadelle vielle de 800 ans. Mosquées, églises, synagogues… les souvenirs de mon glorieux passé ne sont plus que poussière.
Mes habitants fuient dès qu’ils le peuvent. Beaucoup ont perdu leur famille. Je ne parviens plus à les protéger et à les chérir, mon ennemie la guerre a gagné. Mes enfants s’entretuent et ne savent plus vivre ensemble.
Ceux qui viennent à mon secours finissent de détruire le peu de vie qui me reste.
Je meurs chaque jour un peu plus.
Au crépuscule de ma vie, on retiendra mon nom ALEP, comme le symbole de la ville martyrisée et sacrifiée. Alors même que j’appelle au secours la communauté internationale depuis cinq ans.
Adieu mes enfants chéris.

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